Du 9 au 14 octobre
Quartiers Les Hauts de Bayonne
Dans les immeubles des quartiers nord de Bayonne vivent de nombreuses familles culturellement différentes et qui, parfois ne se sont jamais rencontrées, ne savent pas ou peu de choses de leurs voisins, ont des histoires vives, fortes, douces, laborieuses ou désœuvrées. Nous proposons à un auteur de venir à la rencontre de ces familles, d’avoir assez d’empathie, de sensibilité, de doigté pour les inviter à lui confier leur quotidien, l’histoire anonyme de leurs existences. Pour immortaliser ces instants rares et privilégiés, il faudra au moins l’œil sensible de Jean-Paul Guimbretière, artiste photographe incontournable de la compagnie depuis plusieurs années. Par la suite, la plume de l’auteur se mettra au travail pour nous permettre découvrir ces textes par le biais d’un conteur. (Cf. Contes Urbains de mon village - mercredi 25 novembre)
RECUEILLIR LA PAROLE COMME ON CUEILLE UN FRUIT
La vie. Leurs vies. Multiples, malgré les évidentes similitudes. Puisqu’il leur a bien fallu partir de quelque part pour arriver ici et que ce «quelque part» conditionne justement ce qui
caractérise leur «ici».
Femmes, enfants, hommes, époux, cousins, fils, mère, etc. Un jour, ils sont arrivés en France, avec dans leurs bagages des souvenirs et pour boucler le tout la fibre encore vive de leurs racines. Certains bousculés, d’autres comme on renonce, d’autres encore avec la certitude que ce sera mieux, que ça ne peut qu’être mieux de toutes façons. Les voilà donc dans ce pays qui parfois les regarde de travers, à se faufiler entre la méfiance et l’indifférence, soucieux de mettre des couleurs dans ces tours de Babel où des dieux repus frayent avec diverses divinités.
Il fallait bien aller à leur rencontre. Et tendre l’oreille, parce que trop souvent c’est le silence qui donne la plus juste mesure de leur condition. Avec eux, parler, et se laisser prendre aux récits murmurés, aux joies vécues, aux douleurs de ceux qui abandonnent quelqu’un ou quelque chose. L’idée, oui, c’est d’être à l’écoute de ces familles, disponible et indemne de tout préjugé et des certitudes confortables. S’asseoir là, simplement, et se dire qu’il reste toujours les mots pour nourrir la mémoire, lever les ambiguïtés et donner à l’homme des nouvelles de l’homme.
Et surtout, recueillir les histoires. Toutes les histoires. Celles qui racontent l’hier sans préjuger du demain. Celles de ce qui se perd et des gains quelquefois dérisoires. Celles qui débutent par « il était une fois » et s’achèvent sur autant de fois qu’il faudra. Celles des gens du même pallier, de la même cage d’escalier, du même bloc, de la même périphérie du monde. Mais jamais de la même histoire, sûrement pas.
Recueillir la parole comme on cueille un fruit.
Ensuite, ce qu’on en fait, du fruit, c’est de la confier à un griot, un comédien/conteur africain qui va le peler et en extraire la pulpe. Lui, il saura raconter tout ça, en tirer la part de mystère, en rendre la saveur et même jusqu’aux acidités. Il y aura comme ça des contes urbains pour dire le vrai goût de ces fruits et pour qu’on puisse en partager le jus.
Jus d’Afrique de l’Ouest, jus du Maghreb, jus de l’Orient, jus des ailleurs qui ont coulé jusqu’ici, en filets à capturer sur les pas-de-porte et dans les chambres obscures.
Cette envie-là, oui, d’aller y voir. Et d’y goûter. Et d’en faire un spectacle qui ne relève ni de la mauvaise conscience ni de l’exotisme mais seulement des histoires narrées, à partager comme un fruit précieux gorgé de poésie.
Des vies. Les leurs.
Lionel Chiuch
LE SAMEDI 10 OCTOBRE
CAFÉ BRASSERIE TABAC LE CYRANO, BIARRITZ
TROP DE CRITIQUE TUE LA CRITIQUE?
Horaire : 20h30
Internet, les blogs, l’impertinence est-elle nécessairement l’apanage de ces blogs, les médias classiques – devenus frileux - ayant opté pour une ligne plus conformiste ?
Cette impertinence se développe-t-elle au détriment de la compétence ? …
En vérité, au-delà des possibles et nécessaires disgressions, il y a «effectivement» péril en la demeure. Une demeure qui dressait orgueilleusement ses murs de papier, ceux d’une presse qui fit autrefois la pluie et le beau temps dans les travées.
La crise venue, le premier appareil a être démantelé fût cependant l’appareil critique : licenciements en masse des journalistes affectés à la discipline (notamment aux Etats-Unis), réduction de l’espace dévolu aux comptes-rendus et avant-premières, glissement sournois vers le «people», qui aime faire prendre des vessies pour des lanternes.
Qu’il s’agisse des arts de la scène, de la musique, du cinéma ou encore de la littérature, c’est désormais vers la Toile que se tourne une bonne partie du public. Il est dépassé le fameux «quart d’heure de célébrité» pour chacun auguré par Andy Warhol, place au «quart d’heure d’opinion» à partager avec le plus grand nombre.
Car qu’est-ce finalement une critique, sinon une opinion argumentée sur tel ou tel objet artistique ? C’est désormais sur Internet que ça se passe, ou plutôt que ça passe, sans qu’on saisisse vraiment dans cet insondable flux s’il s’agit d’un vrai travail critique ou de simples considérations personnelles (lesquelles ont toutefois une valeur propre, qu’on se gardera de négliger)
Lionel Chiuch
Réservation : 05 59 24 32 67
au Café brasserie tabac LE CYRANO à Biarritz
1, rue des Jardins (Quartier St Charles)- 64200 Biarritz